Températures en Guadeloupe : les mois les plus chauds et les plus frais
En Guadeloupe, l'écart entre le mois le plus chaud et le mois le plus frais tient en trois degrés. Ce qui change d'un mois à l'autre, c'est moins le thermomètre que la pluie, le vent et la hauteur où l'on se trouve. Voici ce que disent les relevés de Météo-France, station par station, et ce que cela change pour une journée ordinaire.
Trois degrés entre le mois le plus frais et le plus chaud
À la station de Météo-France du Raizet, aux Abymes, qui sert de référence pour l'archipel, la température moyenne annuelle des normales 1981-2010 est de 26,6 °C. Les maximales moyennes passent de 29,2 °C en janvier et en février à 31,9 °C en août, et les minimales de 20,6 °C en février à 24,3 °C en juin et en juillet. L'amplitude de l'année tient donc en un peu plus de trois degrés : le climat est tropical, sans saison froide.
L'écart entre le jour et la nuit, lui, reste à peu près constant, autour de sept à huit degrés. C'est ce rythme, plus que la saison, qui organise une journée : matinées relativement douces, après-midi chaudes, soirées qui retombent vite. Une journée de janvier et une journée de juillet se ressemblent par leur courbe ; elles diffèrent par l'humidité et par la fréquence des averses.
Repères mois par mois à la station du Raizet
Les valeurs qui suivent sont les moyennes mensuelles des normales 1981-2010 de la station de l'aéroport Guadeloupe-Pôle Caraïbes, publiées par Météo-France : d'abord la maximale, puis la minimale. Elles décrivent un poste de plaine, à côté de la mer, et non l'ensemble de l'archipel.
- Janvier : 29,2 °C de maximale moyenne, 20,7 °C de minimale moyenne.
- Février : 29,2 °C et 20,6 °C, le mois le plus frais de l'année.
- Mars : 29,7 °C et 21,0 °C, le carême s'installe.
- Avril : 30,3 °C et 22,2 °C, les nuits se réchauffent.
- Mai : 30,9 °C et 23,6 °C, avant-dernier mois du carême.
- Juin : 31,4 °C et 24,3 °C, les nuits les plus douces de l'année.
- Juillet : 31,6 °C et 24,3 °C, l'hivernage est là.
- Août : 31,9 °C et 24,1 °C, la maximale moyenne la plus élevée.
- Septembre : 31,7 °C et 23,8 °C, encore très chaud.
- Octobre : 31,3 °C et 23,3 °C, le mois le plus arrosé.
- Novembre : 30,5 °C et 22,4 °C, la chaleur recule.
- Décembre : 29,7 °C et 21,3 °C, retour au carême.
Août et septembre : le pic de chaleur
Août est le mois le plus chaud : 31,9 °C de maximale moyenne et 24,1 °C de minimale. Septembre suit de près, avec 31,7 °C et 23,8 °C, puis octobre garde 31,3 °C. Le pic de chaleur ne coïncide pas avec le pic de pluie : les cumuls les plus élevés tombent en octobre et en novembre, avec 214,5 mm et 213,9 mm en moyenne, contre 169,1 mm en août.
La chaleur d'août et de septembre pèse plus lourd qu'un même 31 °C en avril : l'air est plus humide, le vent tombe parfois et les nuits ne descendent plus guère sous 24 °C, ce qui ne laisse aucun répit au logement. Août est aussi le mois le plus ensoleillé de l'année, avec 221,5 heures de soleil en moyenne, d'où des après-midi très lumineuses entre deux averses.
Janvier et février : les nuits les plus fraîches
Février est le mois le plus frais : 20,6 °C de minimale moyenne, 29,2 °C de maximale et 24,9 °C de moyenne, à égalité avec janvier. Les deux mois se ressemblent presque ; c'est l'ensoleillement qui les sépare, 192,4 heures en janvier contre 182,7 en février, et la pluie, la plus rare de l'année en février avec 12,3 jours de précipitations en moyenne contre 17,5 en octobre.
Ces nuits autour de 20 °C valent pour la côte. Sur les hauteurs de Basse-Terre, la température moyenne annuelle d'une zone comme le massif de la Soufrière se situe entre 16 et 26 °C selon l'altitude, d'après les valeurs 1991-2020 citées par Météo-France : les matinées d'hiver y sont franchement fraîches. Un déplacement de quelques centaines de mètres en altitude change donc plus le ressenti qu'un changement de mois.
La hauteur fait plus que le mois
Dans sa note sur le climat guadeloupéen publiée en février 2026, Météo-France donne les températures moyennes 1991-2020 par zone climatique : de 16 à 26 °C dans le massif de la Soufrière, de 22,5 à 28,5 °C à l'ouest de la Grande-Terre, de 24,5 à 28 °C au nord de la Grande-Terre, de 26 à 29 °C à Marie-Galante et aux Saintes. Le relief, l'exposition aux alizés et la nature du sol expliquent ces écarts.
Concrètement, une après-midi de septembre à Saint-Claude, au pied de la Soufrière, ne se vit pas comme la même après-midi au Moule : la première se passe souvent dans l'air humide et la brume, la seconde au soleil avec un vent d'est. Pour une même date, deux pages communales de ce site peuvent afficher plusieurs degrés d'écart. Mieux vaut donc lire la page de sa commune que la moyenne de l'archipel.
Records : ce que la station a déjà relevé
Depuis 1950, la station de l'aéroport a relevé au moins 34,2 °C en juillet et en août, 34,1 °C en septembre et en octobre, et 33,4 °C en juin et en novembre. À l'opposé, le thermomètre est descendu à 13,0 °C en février et 13,5 °C en janvier. Ces extrêmes sont ceux d'un poste de plaine, sous abri, installé près de la mer, et ils ne valent pas pour toute l'île.
Un record de station n'est pas un record de l'archipel : les hauteurs, les fonds de vallée et les côtes sous le vent ont leurs propres extrêmes, souvent plus marqués. Ces valeurs servent de repère pour situer une journée exceptionnelle, jamais de prévision pour la journée qui vient.
Un réchauffement documenté, sans série guadeloupéenne homogène
La note de Météo-France rappelle qu'il n'existe pas, pour la Guadeloupe, de série de température assez longue et homogénéisée pour calculer une tendance : les postes ont bougé, les instruments ont changé et les cyclones ont endommagé le réseau, Hugo en 1989 comme Maria en 2017. Les auteurs s'appuient donc sur les séries de la Martinique, soumise à un climat tropical très comparable.
Sur ces séries, la température moyenne annuelle a augmenté d'environ 0,30 °C par décennie entre 1965 et 2024, soit près de 1,8 °C sur la période, avec une accélération depuis la fin des années 1990. Sur les mêmes stations, le nombre de journées où la maximale atteint 33 °C, presque nul dans les années 1960-1970, compte désormais plusieurs dizaines de jours certaines années récentes. La variabilité naturelle, El Niño et La Niña compris, reste forte d'une année sur l'autre.
Lire les températures d'une page communale
Les pages communales de ce site donnent, pour chaque jour de la semaine, six moments de la journée à 6 h, 9 h, midi, 15 h, 18 h et 21 h, avec la température annoncée et le ressenti. Le ressenti intègre l'humidité et le vent : à 29 °C, une matinée sans un souffle et un après-midi d'alizés ne se supportent pas de la même façon. C'est cette valeur-là qu'il faut regarder avant de sortir.
Ces chiffres viennent d'un modèle de prévision rafraîchi plusieurs fois par jour : ils décrivent les prochaines heures, pas les normales de saison. Pour situer une journée dans l'année, revenez aux moyennes Météo-France citées plus haut ; pour savoir s'il faut un vêtement de plus ce soir, la page de sa commune suffit.